Une matinée passée à explorer la crise de confiance envers la science et à formuler des engagements concrets pour la reconquérir, ici et maintenant.
Dans une société marquée par l'instantanéité, la diffusion rapide des fausses informations, le brouillage des frontières entre expertise et croyance, la remise en cause de la parole scientifique, ainsi que par des conditions de recherche de plus en plus contraintes, la confiance du public envers la science ne peut plus être considérée comme acquise. Cette réalité invite les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche à s'interroger sur leurs pratiques et sur les leviers d'action dont ils disposent, à leur échelle, pour contribuer à la renforcer.
C'est dans ce contexte que, le 19 mai 2026, à l'occasion de la 12ème Journée scientifique du Pôle hainuyer, une trentaine de personnes issues des institutions partenaires (chercheur·euses, enseignant·es, étudiant·es, coordinateur·rices, membres des directions, etc.) se sont réunies autour d'une même question :
Comment contribuer, à notre échelle, à renforcer la confiance du public envers la science ?
À travers une démarche d'intelligence collective animée par Jonathan Pardo (Simplexity), les participantes et participants ont d'abord identifié les tensions qui traversent aujourd'hui leurs métiers et leurs pratiques. Ils ont ensuite confronté leurs points de vue afin de faire émerger des constats partagés, d'affirmer des convictions communes et de définir les engagements qu'ils ont choisi de porter pour contribuer, à leur échelle, à renforcer la confiance du public envers la science.
Ce manifeste restitue le cheminement de cette réflexion collective. Structuré en quatre temps, il présente les constats qui se sont imposés au fil des échanges, les lignes rouges que les participantes et participants refusent de franchir, les convictions qui fondent leur vision de la recherche et, enfin, les engagements qu'ils ont choisi de porter.
La confiance dans la science ne se reconquerra pas par des certitudes plus fortes, mais par un doute mieux protégé.
Le 19 mai 2026, à la HELHa de Tournai, une trentaine de personnes issues des institutions partenaires du Pôle hainuyer (chercheur·euses, enseignant·es, étudiant·es, coordinateur·rices, membres des directions, etc.) se sont réunies pour cartographier ensemble quatre territoires de tension liés à leurs métiers, et pour formuler des engagements concrets. Ce carnet de bord restitue les principaux enseignements qui en ont émergé.
Cinq formulations courtes, tirées du croisement des cartes, des livrets individuels, des boussoles et des engagements. Ces enseignements ressortent de l'ensemble du matériau, pas d'une voix isolée.
Le doute est ce qui fonde la méthode. Mais dans l'espace public, il est confondu avec l'hésitation, l'incompétence ou l'inefficacité. Sa force et sa fragilité tiennent au même fil : le temps. Sans temps protégé, pas de nuance possible, et la science finit par ressembler à une affirmation parmi d'autres.
Le financement, le temps payé, l'indépendance, les conditions de travail. Ce n'est pas un territoire parmi d'autres, c'est le sol sur lequel les trois autres reposent. Tant que les chercheurs doivent gratter pour exister, leur indépendance vacille et leur engagement public reste empêché.
La diversité des profils, des méthodes, des publics n'est pas un correctif moral, c'est une force méthodologique qui réduit les angles morts. Plus les voix qui contribuent sont diverses, plus la science ressemble à ce qu'elle prétend être.
Faire de la vulgarisation un acte de chercheur, pas une tâche déléguée aux médias. Mais aussi refuser le sensationnalisme et les sujets hors de son expertise. Deux gestes qui ne se contredisent pas : ils dessinent ensemble une éthique de la médiation.
L'inquiétude qui ouvrait la matinée s'est transformée en posture. Pour chaque territoire, ce que la communauté attend des décideurs est doublé de ce qu'elle s'engage à faire elle-même, sans budget ni autorisation. C'est ce qui rend l'atelier utilisable au-delà du jour qui l'a vu naître.
Une matinée, une question, et un volume conséquent de matière collective. Ces repères ne disent rien de la qualité du travail produit, mais ils donnent une idée de la densité de la conversation.
Réunis le 19 mai 2026, nous avons cartographié ensemble les tensions de notre métier et formulé les engagements que nous voulons porter. Ce manifeste en est la trace.
Nous travaillons dans un espace public qui confond la nuance avec l'hésitation, l'expertise avec l'opinion, et la méthode scientifique avec une affirmation parmi d'autres. La parole de l'expert s'y retrouve mise sur le même plan que celle de l'influenceur ; le temps long de la recherche est partout débordé par l'instantanéité.
Pendant que cela se joue à l'extérieur, le sol matériel de notre travail se fragilise. Les financements deviennent aléatoires, la course à la publication s'intensifie, la précarité gagne du terrain, et la commande politique pèse de plus en plus sur ce qui peut être étudié et publié.
Enfin, à l'intérieur même de notre communauté, les voix qui parlent au nom de la science restent en partie figées par le genre, l'origine, le statut, l'institution ou la discipline. La diversité de nos profils n'est pas encore une diversité de représentation.
Ce que nous refusons de voir s'installer, dans nos institutions et dans l'espace public.
Au profit de logiques politiques, marchandes ou productivistes qui dictent ses sujets et ses délais.
Dans la production des savoirs, sans contrôle ni explicitation de ses usages dans nos pratiques.
Qui prend le pas sur le temps de la rigueur, de la nuance et de la vérification scientifique.
L'intolérance, la peur du débat, le refus d'entendre d'autres voix que celles qui nous ressemblent.
Ce que nous estimons essentiel à défendre, dans nos pratiques et dans nos manières de faire science ensemble.
Comme cœur même de la méthode scientifique, et comme condition d'une science qui sait se reprendre.
Une recherche qui répond à des besoins de société, sans renoncer pour autant à la recherche fondamentale.
L'éthique de la méthode, l'humilité face à ce qu'on ne sait pas, la responsabilité face à ce qu'on affirme.
Des profils, des méthodes, des sujets et des publics. Pas comme correctif moral, mais comme moyen de réduire nos angles morts.
Ce que nous nous engageons à porter, à notre échelle, sans attendre d'autorisation ni budget.
Auprès de nos étudiants et de nos collègues, transmettre le doute, la méthode et le questionnement comme une posture professionnelle.
Pratiquer une science qui prend son temps, défendre publiquement la lenteur nécessaire, refuser les délais qui détruisent la qualité.
Particulièrement les plus jeunes, les plus précaires et les plus invisibilisés. Valoriser les recherches de profils différents du nôtre.
Vulgariser sans simplification et sans compromission. Refuser de parler de ce que nous ne maîtrisons pas. Renvoyer vers les collègues compétents.
À la contradiction, au terrain, à la participation citoyenne. Créer des espaces de communication et de circulation des savoirs.
La Journée Scientifique du Pôle Hainuyer rassemble chaque année des collègues des institutions d'enseignement supérieur partenaires du Pôle hainuyer. Pour sa douzième édition, le 19 mai 2026, les organisateurs ont dérogé à la tradition des présentations magistrales et proposé un atelier d'intelligence collective.
La question centrale, posée d'entrée de jeu, était simple et lourde : comment les chercheurs/chercheuses peuvent reconquérir la confiance du public et leur propre légitimité, dans un monde qui doute ?
L'angle choisi n'était pas de déplorer la crise, mais d'identifier ce que les chercheurs/chercheuses, en tant que citoyen(ne)s et professionnel(le)s, peuvent faire à leur échelle.
Pour structurer l'exploration, quatre territoires ont été proposés comme zones de tension distinctes. Trois ont été présentés dès le départ : le Doute (la méthode face à l'opinion publique), les Fondations (la science face au marché) et les Voix (la légitimité en question). Le quatrième, l'Écho (la science face à son reflet médiatique), a été masqué jusqu'à la deuxième phase, puis révélé au moment où les groupes ont été recomposés.
Cinq tables et, sur chacune, une carte... Trois territoires à explorer en parallèle. Pendant la première phase, les groupes ont laissé émerger leurs observations sur ce qui fait tension dans leur métier. Voici, par territoire, ce qui s'est dégagé du croisement des cinq cartes.
La cartographie du Doute s'organise autour d'une double lecture revendiquée à travers presque toutes les tables : le doute fonde la méthode scientifique, mais il devient signe de faiblesse une fois exposé au regard public. Les groupes ont décrit la tension entre la pratique du questionnement, qui demande du temps et de la nuance, et un espace public qui valorise l'affirmation rapide et la certitude charismatique.
L'IA, à la fois opportunité et amplificateur de fausses certitudes, est partout. Elle est nommée comme l'incarnation contemporaine de ce qui ne doute pas, et plusieurs groupes ont insisté sur le risque qu'elle banalise un rapport au savoir où le discernement disparaît derrière la fluidité du discours. À côté de cette inquiétude, une formulation positive ressort néanmoins de manière constante : le doute peut être joyeux, fertile, euphorisant. Il fait avancer parce qu'il maintient ouvert ce que les certitudes ferment.
Plusieurs cartes ont anticipé la suite en proposant de réinscrire le doute dans la formation, dès l'amont : l'éducation au questionnement, au scepticisme méthodique et à la complexité émerge comme un axe d'engagement plutôt que comme un constat de carence.
La cartographie des Fondations dresse le constat d'un sol scientifique fragilisé. Le sous-financement chronique des sciences humaines et sociales, la course à la publication, la concurrence accrue entre projets, la dépendance croissante à des financements externes sont décrits comme les composantes d'une même mécanique. Le temps que les chercheurs consacrent à chercher des moyens devient un temps qu'ils ne consacrent pas à chercher.
La commande politique sur les sujets de recherche est nommée explicitement, plusieurs fois, et reliée à une question d'indépendance plus large : peut-on encore mener des recherches dont l'intérêt n'est pas immédiatement visible, dont le rendement n'est pas immédiat, dont l'utilité ne se laisse pas mesurer par les indicateurs habituels ? La précarité des jeunes chercheurs et l'épuisement des équipes apparaissent comme des conséquences directes de cette mécanique.
Le temps long est, sur ce territoire, l'autre nom du Doute. Sans temps payé, pas de méthode possible. Sans postes ouverts, pas de diversité possible. Les Fondations apparaissent comme la condition matérielle de tout ce que les autres territoires défendent.
La cartographie des Voix touche à ce qui ne se mesure pas mais qui pèse partout : qui peut parler au nom de la science, qui est entendu quand il le fait, qui est invisibilisé alors même qu'il contribue. Le genre, l'âge, l'origine, l'institution, le statut (étudiant-chercheur, maître-assistant, professeur) et la discipline (sciences dites dures ou sciences humaines) peuvent impacter la légitimité.
Les groupes ont décrit une normalisation des codes qui exclut sans le dire : maîtrise des réseaux, monde fermé, silos disciplinaires, attendus implicites sur le profil de celui ou celle qui parle. Cette normalisation se double d'une difficulté à entendre les voix non occidentales, non académiques, non institutionnelles, qui sont nommées comme angle mort sans toujours trouver de levier d'action.
À côté de cette critique, plusieurs cartes ont posé la diversité comme programme positif. Diversifier les voix qui parlent, c'est aussi diversifier les sujets qu'on étudie, les méthodes qu'on mobilise, les publics qu'on rejoint. C'est l'idée que la légitimité ne se décrète pas, mais se construit en faisant droit à ce qui était jusqu'ici en marge.
Entre les deux phases, chaque participant a complété un livret personnel : ce que, à titre individuel, nous refusons de voir s'installer, ce que nous estimons essentiel à défendre, ce qui nous donne envie d'agir. Trois mouvements se dégagent quand on relit l'ensemble.
Ce qui est refusé revient avec une remarquable régularité d'une voix à l'autre. L'instrumentalisation politique ou marchande de la recherche, qui décide à la place des chercheurs de ce qui mérite d'être étudié. La banalisation de l'IA dans les processus scientifiques, qui efface la frontière entre savoir et opinion. La pression de l'instantanéité, qui interdit la nuance. La polarisation et le repli, qui rendent le débat impossible. Ces refus ne sont pas des plaintes : ils dessinent une cohérence éthique partagée, et ils tracent en creux ce que la communauté tient pour son patrimoine commun.
Ce qui est défendu fait écho aux refus, point pour point. La liberté de penser, de chercher, de douter. L'ancrage de la recherche dans le réel et dans le sens. L'honnêteté intellectuelle et la rigueur méthodologique. Le partage, la collaboration, la diversité comme valeur. Une posture commune se dégage, qui dépasse les disciplines et les statuts : rester debout sur sa méthode, défendre ce qui rend le geste scientifique honorable, ne pas céder sur l'essentiel.
L'envie d'agir, plus que les deux autres blocs, se concentre sur un terrain précis : la transmission. Plus de la moitié des participants situent l'engagement dans la relation aux étudiants, aux jeunes, aux publics de demain. Former à la démarche scientifique, sensibiliser à la subtilité du monde, légitimiser la recherche en l'expliquant à ceux qui en seront les héritiers. C'est sur ce terrain que les participants s'attribuent la marge de manœuvre la plus directe : chacun peut, à son échelle, agir au travers de ses pratiques professionnelles, sans attendre de moyens supplémentaires ni d'autorisation particulière.
Pour la quasi-totalité des participants, ce qui est refusé et ce qui est défendu sont les deux faces du même geste. Refus de l'instrumentalisation, défense de la liberté. Refus de l'IA banalisée, défense du discernement. Refus de la perte de temps, défense de la nuance.
Cette cohérence interne dit que la communauté présente n'est pas dans la complainte : elle sait pourquoi elle est inquiète, et elle sait sur quoi se tenir.
À la lecture des cartes, trois dimensions sont absentes. Le rapport aux pairs et au milieu (concurrence, rivalité, isolement) reste un impensé, à peine effleuré. La critique des institutions de tutelle elles-mêmes est nettement plus rare que la critique du politique en général. Et la faillibilité de la pratique scientifique, le risque que la recherche se trompe ou produise des effets non désirés, n'est pas du tout abordée. Ces dimensions peuvent être vues comme des angles morts, des terrains à explorer pour la suite et, pourquoi pas, des pistes pour une prochaine édition de l'atelier.
Après la première phase de cartographie, les groupes ont été recomposés. Sur les nouveaux canevas, une forme grisée et, jusque-là, sans nom, apparaît enfin avec son intitulé : le Territoire de l'Écho, la science face à son reflet médiatique.
Ce qui s'est passé ensuite est l'observation la plus marquante de la matinée. Ce territoire, qui n'existait pas le matin pour les participants, a aussitôt aimanté l'effort des nouveaux groupes. Il a concentré une part importante des positions formulées dans la seconde phase, alors même qu'aucune cartographie n'avait directement préparé son contenu.
Avec le recul, on comprend pourquoi. Tout ce qui avait été dit en Phase 1 cherchait déjà un lieu d'inscription. L'inquiétude face aux réseaux sociaux, la dénonciation du relativisme, la perception déformée des chercheurs dans les médias, la difficulté à faire entendre la nuance scientifique : tout cela parlait de l'Écho sans le nommer. Quand le territoire est apparu, il s'est rempli.
Au retour de l'expédition, chaque cordée a refermé son carnet. Sur chacun des quatre territoires traversés, elle avait rempli deux pages : l'une pour les voyageurs qui passeront après nous, celles et ceux qui ont le pouvoir d'agir, l'autre pour nous-mêmes, ce que nous nous engageons à porter sans autorisation ni budget. Cette section rassemble les cinq carnets, croise les voix qui s'y sont exprimées, et propose, au bas de chaque territoire, une synthèse de ce que la cordée collective rapporte.
Sur le Doute, la cordée demande qu'on rende possibles les conditions de la nuance : le temps de la réflexion, l'indépendance vis-à-vis des lignes politiques du moment, l'accès ouvert à la recherche pour tous les profils, et la place accordée au questionnement dès l'enseignement obligatoire. Et elle s'engage, sans attendre l'autorisation, à enseigner le doute comme une posture professionnelle, auprès des étudiants, auprès des collègues, dans les cours comme dans le débat public. Le doute n'est pas une fragilité à corriger, c'est une compétence à transmettre.
Sur les Fondations, la cordée appelle à tenir le sol matériel de la recherche, du temps payé, des financements diversifiés et indépendants, des statuts reconnus pour les enseignants-chercheurs, une distance critique vis-à-vis de la commande politique et marchande, et la possibilité d'investir des recherches dont l'impact n'est pas immédiatement visible. À l'intérieur, elle s'engage à protéger une culture organisationnelle saine, le bien-être des équipes, et la complémentarité entre recherche fondamentale et concrétude de terrain. La condition de tout ce que les autres territoires défendent se joue ici.
Sur les Voix, la cordée plaide pour une science qui sait écouter ses différences, diversifier les profils, les méthodes et les sujets, et instituer des dispositifs concrets, comme le double-aveugle, qui réduisent les biais à la racine. Et elle s'engage à ouvrir ses propres pratiques à la contradiction, à valoriser les recherches qui ne ressemblent pas aux siennes, à construire des espaces de partage entre institutions, et à rendre visibles celles et ceux qui sont restés en marge. La légitimité ne se décrète pas, elle se reconstruit en faisant place.
Sur l'Écho, la cordée demande qu'on protège l'espace public scientifique, médias publics renforcés, formats longs préservés, moins d'intermédiaires entre la recherche et le public, davantage d'Open Science et de Citizen Sciences, et davantage de place donnée à la recherche dans le débat. Et elle s'engage à habiter cet espace avec une éthique exigeante, vulgariser sans simplification ni compromission, refuser de parler hors de son expertise, renvoyer vers les collègues compétents. La médiation est un métier de chercheur, pas une délégation aux autres.
Cette synthèse des enseignements de la JSPH12 n'a pas vocation à clore quoi que ce soit. Elle dépose ce qui a été produit pour qu'on puisse y revenir, le citer, le prolonger.
Ce qui ressort le plus nettement, au bout de tout ce matériau, c'est la double posture des chercheurs qui étaient là. Ils ne demandent pas seulement quelque chose à quelqu'un d'autre, ils disent aussi ce qu'ils s'engagent à faire dès maintenant : valoriser la méthodologie dans leurs cours, mener des recherches participatives, refuser de parler hors expertise, former les étudiants à la démarche scientifique, soutenir leurs collègues plus jeunes ou plus précaires, créer des espaces de communication.
Cette double exigence est ce qui rend l'atelier réplicable et durable. Les chercheurs n'attendent pas qu'on leur rende leur légitimité : ils proposent de la reconstruire, ici et maintenant, par les gestes qu'ils maîtrisent.
La confiance dans la science ne se reconquerra pas par des certitudes plus fortes, mais par un doute mieux protégé, par des fondations matérielles préservées, par des voix plus diverses entendues, et par une médiation que les chercheurs eux-mêmes acceptent d'habiter.